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Connaissance de soi

Des profondeurs du regard — l’impact méconnu de nos projections inconscientes

10 Mins de lecture1 décembre 202504 VuesLa rédactionLa rédaction
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Le miroir trouble de nos existences

Il arrive par­fois, au détour d’un moment sans arti­fice, que notre regard croise celui d’un incon­nu, dans un train, un bis­trot ou un cou­loir d’hôpital. Pas un simple échange de poli­tesses, non — un regard qui attrape, qui trouble, qui ren­voie. Et dans ce bref ins­tant naît un trouble étrange, comme si l’on venait de voir son propre reflet dans une glace défor­mante. Pour­tant, ce n’est pas nous : cet autre est bien réel, exté­rieur. Mais ce que nous per­ce­vons, ce que nous res­sen­tons… est-ce réel­le­ment lui ? Ou por­tons-nous, incons­ciem­ment, un masque à l’autre, un décalque de nos obses­sions, de nos peurs, de nos bles­sures ? C’est là que sur­gissent les pro­jec­tions incons­cientes.

La plu­part du temps, elles se coulent en nous comme des sédi­ments invi­sibles. Des juge­ments rapides, des attrac­tions ful­gu­rantes, des aver­sions sans rai­son ration­nelle. Nous croi­sons un col­lègue trop sûr de lui et notre esto­mac se crispe : arro­gance ? Peut-être. Ou peut-être que son aplomb vient déran­ger une faille secrète, une envie aban­don­née en nous. Car les pro­jec­tions, comme des mains invi­sibles, mani­pulent nos rela­tions, colo­rient nos ren­contres, faussent nos amours. Elles sont légions dans notre théâtre intime, et pour­tant, nous refu­sons sou­vent de les inter­ro­ger.

Il s’agit ici de fran­chir la mem­brane de confort. Non pour cor­ri­ger, amé­lio­rer ou “deve­nir la meilleure ver­sion de soi” — for­mule creuse d’une époque hyper­tro­phiée par l’ego — mais pour recon­naître que bien sou­vent, nous ne voyons pas l’autre : nous nous voyons en lui. Et que cette dis­tor­sion du réel n’est pas anec­dote psy­cho­lo­gique, mais réa­li­té exis­ten­tielle.

Par­tons donc explo­rer ce ter­ri­toire mou­vant et ver­ti­gi­neux des pro­jec­tions incons­cientes : com­ment elles naissent, com­ment elles façonnent notre per­cep­tion de soi et des autres, et com­ment elles nous enferment plus sûre­ment que n’importe quel pré­ju­gé social. L’enjeu n’est pas l’éradication, ni la maî­trise. L’enjeu, c’est la luci­di­té nue — cet art rare et exi­geant de voir. Non pas à tra­vers, mais au-delà.


Les origines souterraines — une mécanique ancestrale de l’ego

La pro­jec­tion incons­ciente n’est pas une inven­tion moderne, ni même spé­ci­fi­que­ment psy­cho­lo­gique. Elle plonge ses racines jusque dans nos ori­gines les plus archaïques, celles où le cer­veau rep­ti­lien gou­ver­nait le monde par simple sti­mu­lus-réac­tion. À ce stade, l’autre n’existait que par ce qu’il évo­quait, en nous, de dan­ger ou de désir. Cette stra­té­gie pri­mi­tive de sur­vie — sim­pli­fier l’autre pour mieux réagir — est res­tée en nous, mais s’est raf­fi­née, recou­verte d’écrans cultu­rels, de récits iden­ti­taires, de ver­nis moraux.

Freud fut peut-être le pre­mier à for­mu­ler le concept de manière expli­cite, mais c’est Jung qui l’a véri­ta­ble­ment car­to­gra­phié dans toute sa pro­fon­deur : “Tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous conduire à une meilleure com­pré­hen­sion de nous-mêmes.” L’ombre jun­gienne, cette part de nous que nous refu­sons de recon­naître, trouve dans la pro­jec­tion un théâtre d’expression fécond. Ce que nous n’osons pas admettre en nous, nous l’exilons en dehors. Nous l’habillons d’un corps, d’un visage, d’une pos­ture. Et nous le jugeons de l’extérieur, croyant encore nous pré­ser­ver.

Curieu­se­ment, cette méca­nique n’est pas que l’apanage de l’individuel. Cer­taines civi­li­sa­tions tout entières ont fonc­tion­né sur des pro­jec­tions col­lec­tives. L’orientalisme, tel que décons­truit par Edward Said, n’est rien d’autre qu’une grande pro­jec­tion de fan­tasmes et de peurs occi­den­tales sur un “Orient” mythi­fié, sexua­li­sé, dépo­li­ti­sé. Même aujourd’hui, dans cer­taines repré­sen­ta­tions de l’étranger, on retrouve les exacts arché­types refou­lés de socié­tés “civi­li­sées” : vio­lence, pas­sion, irra­tio­na­li­té. Comme si l’Autre per­met­tait de pro­je­ter ce que le groupe domi­nant cher­chait à étouf­fer.

Un anec­dote signi­fi­ca­tive me revient. En 2015, dans un quar­tier de Bar­ce­lone, une femme âgée avait accu­sé un jeune migrant sub­sa­ha­rien de ten­ta­tive de vol. Il s’avéra, après enquête, qu’il l’avait sim­ple­ment sou­te­nue alors qu’elle tré­bu­chait. Inter­ro­gée plus tard, bou­le­ver­sée, elle décla­ra : “Je ne sais pas pour­quoi j’ai cru qu’il vou­lait me faire du mal… Il m’a fait pen­ser à quelqu’un d’autre.” Ce “quelqu’un d’autre”, c’était une image floue, trans­mise par les mille micro-récits média­tiques, cultu­rels ou fami­liaux. Une pro­jec­tion plus tenace que le réel.

Sous quelle forme se mani­festent vos propres pro­jec­tions ? Quelles émo­tions — gêne, admi­ra­tion, colère — sur­gissent face à cer­taines per­sonnes et que disent-elles, en creux, de vous-même ?

L’attraction déformante — quand l’amour n’est qu’un miroir

On croit tom­ber amou­reux de l’autre… mais sou­vent, on tombe amou­reux de ce qu’on pro­jette sur lui. Cette phrase, enten­due un jour dans la bouche d’une comé­dienne vieillis­sante lors d’un fes­ti­val de théâtre alter­na­tif, m’a heur­té autant qu’elle m’a éclai­ré. L’amour, ce lieu sacré d’abandon, est aus­si le ter­rain de jeu favo­ri des pro­jec­tions incons­cientes. Nous ne voyons pas l’autre tel qu’il est, mais tel que nous aurions vou­lu qu’il soit — tel que nous avons besoin qu’il soit.

Ain­si se forment les grandes romances des­truc­trices : non parce que l’autre est “toxique”, mot gal­vau­dé à sou­hait, mais parce qu’à un moment, l’image pro­je­tée se fis­sure. Et cela, nous ne le sup­por­tons pas. Nous lui en vou­lons d’avoir ces­sé d’incarner le rôle que notre psy­ché lui avait attri­bué. C’est tou­jours la même mésa­ven­ture : nous ne tom­bons pas amou­reux, nous tom­bons dans le piège de nos manques.

Dans le mythe grec de Nar­cisse, sou­vent mal com­pris, le jeune homme ne meurt pas parce qu’il s’aime trop. Il meurt de ne voir que lui dans le reflet du monde. Écho, la nymphe qui l’aime sin­cè­re­ment mais sans visage propre, est condam­née à répé­ter les der­niers mots de l’autre. Cette dyna­mique tra­gique nous hante encore : l’un pro­jette, l’autre s’efface.

Une cher­cheuse en neu­ros­ciences affec­tives, Helen Fisher, a mon­tré que le coup de foudre acti­vait les mêmes zones du cer­veau que l’addiction. Mais ce que l’on oublie de dire, c’est que ce “flash” ini­tial s’appuie sur une construc­tion inté­rieure — un arché­type, sou­vent for­gé dans l’enfance, un besoin mal com­blé, par­fois trans­gé­né­ra­tion­nel. Nous recon­nais­sons en l’autre non pas quelque chose de lui, mais quelque chose de nous.

Pre­nons le cas de Chloé, trente ans, ren­con­trée lors d’un sémi­naire d’écriture au Maroc. Elle vivait une pas­sion abso­lue avec un pho­to­graphe qu’elle disait “vibrant, insai­sis­sable, fas­ci­nant”. En réa­li­té, après plu­sieurs mois, elle relut ses propres jour­naux de l’époque. L’homme n’apparaissait presque jamais. Elle ne par­lait que d’elle : de ses attentes, de ses peurs, de son besoin de se sen­tir unique. L’autre n’avait été qu’un pré­texte d’intensité.

Avez-vous déjà aimé une ver­sion de vous-même à tra­vers la peau de l’autre ? Quels visages du pas­sé cher­chez-vous encore dans le pré­sent ?


L’agacement révélateur — ce que nous détestons omet de nous dire

Le miroir ne reflète pas que le désir : il est aus­si le mau­so­lée de nos haines. Le franc-par­ler d’un incon­nu nous exas­père ? Son arro­gance pro­bable, bien sûr. Mais si cela per­sis­tait, obs­ti­né­ment ? Peut-être y aurait-il là une part de véri­té indi­cible. Une jalou­sie inavouée. Une frus­tra­tion d’avoir dû tou­jours se taire, être mesu­ré, agréable.

Là encore, les pro­jec­tions opèrent par dépla­ce­ment. Ce qui est insup­por­table chez l’autre est, sou­vent, une part de nous-mêmes que nous refou­lons : nos pul­sions agres­sives, nos envies d’indépendance, nos aspi­ra­tions contra­dic­toires. C’est le concept du “bouc émis­saire” : char­geons l’autre de ce que nous ne pou­vons pas voir en silence.

Un fait divers fas­ci­nant, sur­ve­nu en Fin­lande en 2022, a mis en lumière cette logique. Un employé de bureau au com­por­te­ment appa­rem­ment irré­pro­chable fut sus­pen­du après que ses col­lègues eurent relayé d’étranges accu­sa­tions de “malaise” en sa pré­sence. Enquête : il était sim­ple­ment… trop silen­cieux. Son atti­tude ren­voyait cha­cun à un incon­fort exis­ten­tiel — à leur propre vacui­té pro­fes­sion­nelle peut-être. Il ne fai­sait rien, et pour­tant, il déran­geait. Le mutique deve­nait le cata­ly­seur des pro­jec­tions bruyantes des autres.

Pierre Bour­dieu avait cette intui­tion : “Le goût, c’est l’horreur du goût des autres.” Nous reje­tons par­fois non pas ce qui est objec­ti­ve­ment mau­vais, mais ce qui nous rabat à nos propres incer­ti­tudes. Ain­si, mépri­ser telle manière de par­ler, d’aimer, de croire — c’est sou­vent épin­gler un manque ou un désir que l’on vou­drait taire.

À quels traits, quels gestes, quels types humains dites-vous “jamais” — et si cette parole était une ten­ta­tive déses­pé­rée d’exorcisme ?


La lucidité comme acte de résistance — voir, sans détourner les yeux

Alors que faire ? Se méfier de tout, sus­pec­ter chaque élan, chaque atti­rance, chaque irri­ta­tion ? Non. Sur­tout pas som­brer dans un scep­ti­cisme cynique. Mais apprendre à regar­der — inten­sé­ment. Len­te­ment. Réap­prendre à obser­ver le pré­sent sans réagir immé­dia­te­ment. Trou­ver, dans le trouble qu’il pro­voque, un espace de ques­tion­ne­ment plu­tôt que de juge­ment.

La luci­di­té, ici, n’est pas un outil. Elle est une pos­ture inté­rieure, un art de l’accueil. Voir que ce que je pro­jette sur l’autre me ren­seigne tou­jours davan­tage sur moi n’est pas une conclu­sion défai­tiste, mais un pas­sage. Une brèche. L’autre cesse alors d’être une sil­houette que je peux mani­pu­ler, séduire ou dia­bo­li­ser ; il devient un miroir com­plexe, redou­table, pré­cieux.

C’est dans le stoï­cisme antique, notam­ment chez Marc-Aurèle, que cette idée trouve une forme de trans­cen­dance : “Ce qui te trouble, ce n’est pas la chose, mais le juge­ment que tu portes sur elle.” La pro­jec­tion est ce juge­ment ins­tan­ta­né, rare­ment inter­ro­gé. En le sus­pen­dant — ne fût-ce qu’un ins­tant — un espace se crée. Une liber­té, peut-être minus­cule, mais réelle.

Je me sou­viens d’un pri­son­nier ren­con­tré dans un cercle de lec­ture orga­ni­sé en mai­son d’arrêt. Lui, condam­né pour vio­lence grave. Moi, venu là avec mes idées sur le “pro­fil type”. Après plu­sieurs semaines, je com­pris com­bien mes propres pro­jec­tions m’avaient empê­ché de l’écouter. L’homme par­lait poé­sie, silence, enfance — et moi je guet­tais l’agressivité. Elle n’était nulle part, sauf peut-être… en moi.

Et si apprendre à recon­naître nos pro­jec­tions était déjà un pas immense vers la liber­té ? Cette liber­té de ne pas pla­quer sur l’autre une expli­ca­tion trop simple. Ce cou­rage de res­ter dans le non-savoir, l’écoute nue.


La neige obscure de nos regards

Ce que nous pro­je­tons ne dis­pa­raît jamais vrai­ment ; cela change de forme. Il n’y a pas puri­fi­ca­tion, mais pos­si­bi­li­té — celle d’accueillir nos figures inté­rieures sans les gra­ver sur le monde. Comme s’il était temps, enfin, de reti­rer la pel­li­cule colo­rée qui habille nos rela­tions, pour aper­ce­voir, ne serait-ce qu’un ins­tant, la nudi­té de l’autre.

Si l’on veut connaître véri­ta­ble­ment quelqu’un, il faut com­men­cer par remettre en ques­tion ce que l’on croit voir de lui. Non pour tom­ber dans l’informe, mais pour habi­ter cette terre instable de la rela­tion vécue. Dans cette insta­bi­li­té repose notre chance — celle d’un contact réel.

Nos pro­jec­tions sont des mythes flot­tants, des récits créés par un incons­cient trop bavard. Mais l’on peut apprendre à les écou­ter. Non pas pour leur don­ner rai­son, mais pour y entendre les contours de nos bles­sures, nos dési­rs tus, nos colères anciennes. Ce sont des car­to­gra­phies sau­vages, et par­fois, elles nous guident là où la conscience ordi­naire ne sait pas aller.

Alors, peut-être fau­drait-il, chaque jour, se poser cette ques­tion simple mais redou­table : ce que je res­sens à pro­pos de l’autre — est-ce bien à lui que cela appar­tient ? Ou suis-je encore en train de me racon­ter moi-même, sur sa peau ?

Et vous, quelle part de ce sujet vous inter­pelle ? Par­ta­gez votre réflexion ou pour­sui­vez l’exploration avec nos autres articles…

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